Il y a deux ans, je n’achetais des carottes que pour les mettre dans un bouillon ou les offrir a ma niece de 4 ans. Brutes, a croquer, sans imagination. Et puis un dimanche de janvier, avec un frigo à moitie vide et une flemme absolue de sortir, j’ai transforme un kilo de carottes du bas du bac a légumes en trois preparationsifferentes. Ce jour-la, j’ai compris que la carotte meritait beaucoup mieux que son image de légume de cantine.
La carotte rapee : basique mais pas bête
La version crue resté ma préféré pour les soirs de semaine ou je rentre a 20h avec une faim de loup et zero envie d’allumer les plaques. Cinq minutes chrono : je rape, j’assaisonne, et c’est prêt.
La version Monoprix (leur sachet de carottes rapees) me sauve souvent la mise, je ne vais pas mentir. Mais quand j’ai le temps, je rape moi-même avec une rape a gros trous – la texture est vraiment différente, moins molle, plus vivante en bouche.
Ma vinaigrette maison pour les carottes rapees :
- 2 cuillères a soupe de jus de citron
- 1 cuillère a soupe d’huile de noix
- 1 cuillère a café de moutarde à l’ancienne
- Sel, poivre, une pincee de cumin
Le cumin, c’est le truc qui change tout. Avant j’en mettais jamais, maintenant je ne peux plus m’en passer.
La carotte rotie au four : mon arme secrete
Carottes et pommes de terre vont souvent de pair dans mes plats du soir, et j’ai aussi raconté mes méthodes pour cuire les pommes de terre selon l’envie avec la même philosophie d’adaptation à l’humeur. Je ne sais pas pourquoi cette technique est si peu connue. Enfin si, je crois que les gens ont peur du four pour les légumes – l’idée que ca va bruler, sécher, coller. En réalité, avec un peu de matieres grasses et la bonne temperature, ça donne quelque chose d’extraordinaire.
Chez moi, ça se passé comme ça : je coupe les carottes en batonnets de taille régulière (important pour une cuisson homogene), je les roule dans un melange huile d’olive + miel + fleur de sel + herbes de Provence, et j’enfourne a 200 degres pendant 25 a 30 minutes. A mi-cuisson, je retourne. La surface caramelise, l’intérieur resté fondant.
Mon retour d’expérience les carottes roties sont meilleures que les carottes vapeur, point final. Je dis ca, je dis rien, mais depuis que j’ai testé la version four je ne reviens plus en arrière. Le sucre naturel de la carotte se concentre, les bords dorent, c’est presque sucre comme un dessert.
Une fois, j’avais une amie qui venait diner et qui m’avait dit « j’aimé pas les carottes. » Elle en a repris deux fois. Verdict : la cuisson fait tout.
Le velouté carottes-gingembre : le classique de mes dimanches
Les légumes de saison se cuisinent souvent ensemble chez moi, et j’ai expliqué comment cuire les courgettes sans les massacrer pour les marier avec mes carottes dans des plats complets.
C’est ma soupe du dimanche soir depuis plusieurs hivers. Quand l’open-space de la semaine m’a videe et que je veux quelque chose de chaud, doux, sans effort.
Technique de base : je fais suer les oignons dans un fond d’huile d’olive, j’ajoute les carottes coupees grossierement (inutile d’être précis pour un velouté), un morceau de gingembre frais rape, du bouillon de légumes. Cuisson 20 minutes a feu moyen, puis mixeur plongeant. Texture veloutée, couleur orangee magnifique, odeur qui envahit l’appartement pendant une heure.
Mes variantes testées :
- Carottes + lait de coco + curry : version exotique, très douce
- Carottes + orange + coriandre : frais et léger pour le printemps
- Carottes + pomme + quatre-epices : parfait pour l’automne
Mon avis sans détour L’hiver dernier, j’avais fait un velouté carottes-gingembre pour un diner de 6 personnes. J’avais double les proportions sans réfléchir. Résultat : la casserole était trop petite, le velouté a deborde sur la plaque, et j’ai passé vingt minutes a nettoyer avant que mes amis arrivent. (Oui, j’ai pleure un peu dans ma cuisine.) Moralite : vérifier la contenance de la casserole avant de doubler.
Le ratio a retenir pour le velouté
Pour 4 personnes : 700 g de carottes, 1 oignon, 1 litre de bouillon. Ajuster sel et gingembre à la fin, jamais au debut.
La carotte glacee : pour impressionner sans effort
Je l’avais découverte chez une amie qui faisait semblant de cuisiner complique alors que non. Elle m’avait avoue la technique après une coupe de champagne.
On cuit les carottes à l’eau 10 minutes, juste al dente – elles doivent tenir. Ensuite on les passé rapidement à la poêle avec du beurre, une cuillère de miel, une pincee de sel et un fond d’eau. On remue a feu vif jusqu’à ce que le liquide s’evapore et forme un coulis brillant autour des carottes. Ça prend 5 minutes. Le rendu est bluffant, vraiment.
C’est ma version « cuisine de bistrot à la maison » quand je veux que les invites croient que j’ai passé l’après-midi aux fourneaux. Bref.
Ce que j’ai appris en une année de carottes
Les carottes ont leur propre fiche dans mes fiches recettes fétiches du dimanche où je regroupe toutes les préparations que je refais régulièrement sans me lasser.
La carotte est le légume le plus tolerant que je connaisse. Elle supporte la chaleur, le cru, l’acidite, le sucre, les epices fortes. Elle ne rancit pas trop vite dans le frigo (une semaine au bas du bac, facilement). Elle est pas chère – comptez 1 a 1,50 euro le kilo en marche ou en grande surface.
Et elle se marie avec presque tout : le cumin, le gingembre, l’orange, le miel, la coriandre, le curry, le tahini, l’ail. J’ai même testé carottes + feta + menthe en salade – improbable, delicieux.
La seule chose que je ferai plus : les carottes à l’eau nature, sans assaisonnement, juste bouillie et deposee dans une assiette. Ca, c’est vraiment mortellement triste.
Et toi, tu as une façon de cuisiner les carottes que je n’aurais pas testée ?
