La menthe, c’est l’herbe aromatique que tout le monde présente comme « facile ». Et c’est vrai, dans un sens. La menthe pousse sans trop de soin. Le problème, c’est qu’elle pousse BEAUCOUP, dans toutes les directions, et qu’elle prend rapidement le dessus sur tout ce qui l’entoure si on n’a pas anticipé. Je l’ai appris à mes dépens.
Où planter la menthe : la question de l’emplacement
La première erreur que j’ai faite, c’est de mettre mon plant de menthe directement dans ma grande jardinière collective, avec mes tomates et mon basilic. En six semaines, la menthe avait envahi les deux tiers du pot. Mes tomates survivaient, le basilic non.
La menthe se plante idéalement seule, dans un pot séparé. Ou, si on veut la mettre en pleine terre dans un jardin, on l’enferme dans un pot sans fond (un seau percé en bas, enterré) pour limiter la propagation des rhizomes.
Sur mon balcon parisien, j’utilise maintenant une jardinière rectangulaire uniquement pour la menthe, 40 cm de large, 20 cm de profondeur minimum. Un pot rond d’au moins 20 cm de diamètre fonctionne aussi.
Pour l’exposition : la menthe aimé le soleil mais supporte très bien la mi-ombre. C’est même préférable en plein été parisien – une exposition directe toute la journée par forte chaleur fait « brûler » les feuilles (elles jaunissent aux bords et perdent en saveur). Mon balcon est exposé sud-ouest : je mets la menthe dans un coin qui reçoit le soleil le matin et l’ombre de la cloison l’après-midi. Parfait.
Petit aparté La menthe dans la cuisine sur le rebord de fenêtre : bonne idée si l’exposition est correcte (lumière indirecte ou mi-ombre). Mauvaise idée si la fenêtre est exposée sud sans protection : les feuilles brûlent contre la vitre en juillet. J’ai essayé. Bilan : des feuilles moches et sans saveur.
Le sol et l’arrosage : ce que la menthe aimé vraiment
La menthe est une plante de bord de ruisseau à l’origine. Elle aimé un sol humide mais drainé. Ce qui veut dire : jamais de stagnation d’eau au fond du pot, mais un substrat qui resté légèrement frais entre deux arrosages.
Ma composition : terreau universel enrichi, mélangé à environ 20% de sable pour améliorer le drainage, et des billes d’argile au fond du pot. J’arrose quand le premier centimètre de terre est sec au toucher.
En été, ça peut vouloir dire tous les jours par forte chaleur. En automne et au printemps, tous les deux ou trois jours. En hiver, si je rentre le pot à l’intérieur (ce que je fais depuis deux ans), une fois par semaine suffit.
Ce que j’évite : l’arrosage par le haut quand il fait très chaud. L’eau sur les feuilles en plein soleil crée des brûlures. J’arrose toujours au pied du plant, directement dans la terre.
Comment cultiver la menthe pour la récolte
Pour que la menthe resté productive et savoureuse, il faut couper régulièrement. C’est counter-intuitif si on la laisse pousser sans y toucher : les tiges s’allongent, les feuilles du bas jaunissent, la plante « monte » et devient ligneuse et amère.
Ma règle : couper à environ un tiers de la longueur des tiges toutes les deux semaines, dès que la plante fait 15-20 cm. Je coupe juste au-dessus d’une paire de feuilles – la tige se divise alors en deux nouvelles branches. La plante s’épaissit et resté compacte.
Ce que j’utilise ma menthe : des infusions (ma préférée avec du miel de fleurs), des taboule maison, des mojitos sans alcool l’été avec ginger beer et citron vert, et mes courgettes sautées à la menthe fraîche qui sont devenues un incontournable de ma cuisine d’été. J’en mets aussi dans mes smoothies du matin quand je veux quelque chose de frais.
Pour en savoir davantage sur la culture des herbes aromatiques en permaculture et les associations bénéfiques entre plantes au potager, j’ai trouvé utile de consulter en savoir davantage pour des conseils sur les espèces qui s’associent bien avec la menthe et profitent de ses propriétés répulsives naturelles contre certains insectes.
Les variétés que j’ai testées
Vanille et menthe fraîche sont mes deux aromates fétiches en cuisine : j’ai consacré un article entier à ma vanille de Madagascar, l’autre herbe aromatique de qualité pour ceux qui veulent aller aussi loin dans le soin des ingrédients. La menthe poivrée classique : saveur intense, idéale pour les infusions et les desserts. C’est celle que la plupart des jardineries vendent.
La menthe marocaine (ou menthe du Moyen-Orient) : feuilles plus rondes, saveur plus douce et sucrée. Meilleure pour le thé à la menthe et les salades. Je l’ai trouvée en graineterie spécialisée.
La menthe chocolat : feuilles sombres, parfum qui rappelle vaguement l’After Eight. Curiosité de balcon, mais peu utilisée en cuisine.
La menthe ananas : saveur fruitée et douce, très agréable en infusion froide l’été. Plus délicate que les autres, moins productive.
Mon conseil : commencer avec la menthe poivrée classique, la plus robuste et la plus polyvalente. Les variétés atypiques sont amusantes mais moins faciles à trouver et parfois plus capricieuses.
Ce qu’il se passé en automne et en hiver
La menthe fait partie de mon calendrier de plantation du printemps au même titre que les autres aromates : j’ai tout consigné dans mon journal de plantation d’avril, menthe comprise pour ne rater aucune fenêtre de semis. La menthe est une vivace. Si vous la cultivez en pot sur un balcon, deux options en fin d’automne : rentrer le pot à l’intérieur (la plante continue à pousser lentement), ou laisser dehors.
J’ai laissé dehors la première année. La plante a perdu toutes ses feuilles en novembre et semblait morte. En mars, elle a repoussé. Elle était vivante, juste en dormance.
Depuis, je rentre le pot à l’intérieur mi-novembre. Je le pose sur ma table de chevet – la fenêtre donne au sud, la lumière est suffisante. La menthe pousse lentement mais je peux en couper quelques feuilles tout l’hiver pour mes infusions du soir. C’est un luxe que j’apprécie particulièrement en janvier.
Au printemps, autour d’avril, je remets le pot dehors et je renouvelle la terre à moitié (terreau frais par-dessus, sans changer le fond pour ne pas traumatiser les racines). En deux semaines, la croissance repart vigoureusement.
Quatre ans de menthe sur mon balcon. Je n’ai jamais acheté de menthe fraîche au supermarché depuis. Ce n’est pas une grande économie en soi, mais c’est une satisfactiondisproportionnée de couper ses propres herbes le matin avant le café. Je recommande.
