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Repiquer ses tomates : ce que j’ai appris à la troisième saison

par Emma ·
Repiquer ses tomates : ce que j'ai appris à la troisieme saison

Mon balcon fait six mètres carres. Ce n’est pas grand, mais j’y ai case quatre gros bacs, deux jardinières, et depuis trois ans, au moins deux pieds de tomates. Le premier repiquage, c’était un desastre partiel : j’avais raté le timing, les plants avaient souffert, et j’avais eu des tomates molles en septembre. Depuis, j’ai appris. Voilà ce que je sais.

Le repiquage : c’est quoi exactement ?

Repiquer, c’est transferer un plant déjà leve dans un nouvel espace, généralement plus grand, ou plus expose au soleil, pour lui permettre de se developper correctement. Pour les tomates, on commence généralement les semis en intérieur ou en mini-serre, en février ou mars, et on repique vers mai quand les risques de gelee sont passés.

Le repiquage n’est pas une operation complexe, mais il y a quelques règles a respecter pour que le plant survive au choc du transfert. Parce qu’il y a un choc : quand on deracine un plant, même avec precaution, on stresse la plante. L’objectif c’est de minimiser ce stress et de l’aider a reprendre rapidement.

J’ai raté mon premier repiquage precisement parce que j’ai été trop brutale avec les racines. J’ai aussi repique trop tôt dans la saison. Deux erreurs simultanees, double punition.

Le sol et la préparation du bac

Le repiquage en mai commence toujours par les semis d’avril chez moi – je détaille tout dans mon journal de plantation d’avril avant le repiquage, avec les dates et les variétés que j’ai choisies.

C’est la ou j’ai mis le plus de temps a comprendre. Un plant de tomate à des exigences précises en termes de sol : il lui faut quelque chose de riche, bien drainant, pas trop compact. Un terreau universel standard peut faire l’affaire, mais j’obtiens de meilleurs résultats depuis que je le melange avec du compost et un fond de billes d’argile dans le bac.

Les billes d’argile en fond de pot, c’est ce qui permet l’evacuation de l’eau en exces. Les tomates n’aiment pas avoir les pieds dans l’eau. J’ai perdu un pied entier la deuxième année en arrosant trop : les racines ont pourri. Depuis, je vérifie l’humidité du sol avant chaque arrosage en plantant mon doigt jusqu’à la première phalange. Si c’est encore humide, j’attends.

J’ai trouvé mon terreau a Truffaut, dans le magasin du coin. Ils ont un melange special tomates et potager qui m’a bien convenu la saison passée. Pas indispensable, mais pratique si on ne veut pas faire son propre melange.

Ma préparation de bac étape par étape :

  1. Fond de bac : 5 cm de billes d’argile
  2. Par-dessus : melange 2/3 terreau universel + 1/3 compost
  3. Creer un trou central généreux (15 cm de profondeur minimum pour les tomates)
  4. Arroser le trou avant de deposer le plant (pas après, ça évite de tasser les racines)
  5. Deposer le plant, bien vertical, combler doucement
  6. Tasser légèrement autour du collet pour eliminer les poches d’air
  7. Arroser autour, pas directement sur le collet

L’exposition au soleil : non-negociable

Mai, c’est le mois du repiquage des tomates – j’en parle aussi dans mon calendrier de ce que je plante en mai, tomates comprises, avec les espèces qui prennent le relai après les semis d’avril.

Les tomates ont besoin de soleil. Beaucoup. Minimum six heures de soleil direct par jour pour une bonne production. Mon balcon est plein sud, j’ai de la chance. Si votre espace est partiellement ombre, vous pouvez quand même réussir, mais avec des varietes adaptees aux situations moins ensoleillees (les tomates cerises sont généralement plus tolerantes).

Ce que j’ai appris en experimentant : une tomate qui ne recoit pas assez de soleil pousse en hauteur pour en chercher. Les tiges s’allongent, le feuillage pale un peu, et les fruits tardent. C’est le signe qu’il faut revoir l’emplacement ou choisir une variete différente la saison suivante.

Mon avis sur les serres de balcon : ça peut aider pour avancer le calendrier de quelques semaines, mais les tomates ont aussi besoin de ventilation. Une serre fermée en permanence peut favoriser les maladies fongiques. Je l’ouvre des que la temperature passé les 15 degres en journée.

L’espacement entre les plants : on ne lezine pas

Dans mon carré potager où les tomates ont la vedette, j’ai construit les bacs de façon à respecter ces distances dès le départ, sans avoir à replanter chaque année.

C’est une erreur très courante. On regarde son bac, on trouvé de la place, on met trois plants. Et puis tout s’entasse, les feuilles se chevauchent, la ventilation est mauvaise, et les maladies arrivent.

Pour des tomates standard, comptez 50 cm minimum entre deux plants dans un bac. Pour des tomates cerises, on peut descendre a 40 cm. Ca paraît beaucoup quand le plant est encore petit, mais il grossira vite.

Si vous avez peu d’espace, mieux vaut un seul plant bien traite que trois plants en competition. La concentration de soin sur un seul pied donne souvent plus de fruits qu’une multiplication approximative.

Ce que j’aurais voulu savoir avant : les erreurs frequentes

Trois saisons d’experience, ça donne une belle liste de ce qu’il ne faut pas faire.

Repiquer trop tôt. Le sol doit être a au moins 12-15 degres pour que les tomates s’installent correctement. En dessous, le plant vegete ou souffre. A Paris, avant le 15 mai, je ne sors plus rien sans vérifier la meteo a quinze jours.

Planter trop superficiellement. Les tomates peuvent developper des racines sur toute la longueur de leur tige si on les enterre profondement. C’est un avantage : plus de racines, plus de stabilite et de nutrition. J’enterre mes plants jusqu’aux premières feuilles.

Oublier le tuteurage. Des le repiquage, il faut prévoir un tuteur. Pas quand la plante s’effondre. Tout de suite. Un tuteur solide (bambou ou métal), une attache souple, et on ajuste au fur et a mesure de la croissance.

Arroser en plein soleil. Ca bruele les feuilles et evapore l’eau avant qu’elle atteigne les racines. Le matin de bonne heure ou le soir, c’est le bon moment.

Est-ce que ça vous donne envie de tenter les tomates sur votre balcon cet été ? La première récolte, quand on croque une tomate que l’on a suivie depuis le semis, c’est une satisfaction difficile a decrire. Meme si elle est un peu de travers.

Portrait d'Emma
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Emma

Je suis Emma, 38 ans, j’écris depuis ma cuisine. Mes obsessions : la pâte à pain qui lève, les vide-greniers du dimanche, les bottines de printemps trop tôt sorties. Tu trouveras ici mes coups de cœur, mes ratés, mes opinions tranchées. Pas de filtre, pas de mise en scène – juste ce que je vois, ce que je vis, ce que j’ai envie de partager avec toi.

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