Ca a commence un lundi matin. Je me suis levee avec une douleur dans le bras droit que je ne savais pas comment qualifier. Pas une douleur musculaire ordinaire. Quelque chose de diffus, qui traversait du cou jusqu’aux doigts par moments, qui changeait de nature selon que je tournais la tête ou que je soulevais quelque chose. J’ai cru que j’avais mal dormi. Trois semaines plus tard, j’étais chez mon medecin en train de lui decrire la même chose, toujours présente, parfois plus forte, toujours aussi floue.
Le diagnostic est arrive : nevralgie cervico-brachiale. Un mot que je ne savais pas prononcer et dont je n’avais jamais entendu parler.
Comprendre ce que c’est : la douleur qui vient du cou
La nevralgie cervico-brachiale, c’est une douleur qui irradie le long d’un nerf rachidien, depuis le cou jusqu’au bras. Ce qui la rend particuliere – et ce que j’ai eu du mal à faire comprendre a mon entourage – c’est qu’on ne sait pas toujours localiser l’origine. Le bras fait mal, mais le problème vient du cou. On à l’impression que la douleur bouge, qu’elle change d’intensite, qu’elle s’aggrave la nuit.
Moi, les nuits, c’était la catastrophe. Je me retournais sans trouver de position. J’essayais avec un oreiller sous le bras, sans oreiller, sur le côté, sur le dos. Rien. Et la fatigue qui s’accumule quand on dort mal pendant des semaines, ça n’arrange rien à la perception de la douleur.
Les traitements : ce qu’on essaie en premier
Mon medecin a commence par une prescription classique : anti-inflammatoires, myorelaxants, repos relatif. Résultat mitige. La douleur était un peu attenouee, mais pas supprimee. Et les anti-inflammatoires sur la durée, ce n’est pas anodin pour l’estomac.
Ensuite, kinésitherapie. Trois séances par semaine pendant un mois. La kine m’a appris des exercices d’etirements cervicaux très doux, a faire plusieurs fois par jour. Elle m’a aussi explique comment placer mon poste de travail pour ne pas aggraver la situation – j’avais mon écran trop bas depuis des années, en open-space. Ça semblait bête mais c’est ce qui a le plus aide sur le long terme.
En cherchant des informations la nuit (parce que quand on ne dort pas, on cherche des réponses), j’ai trouvé nevralgiecervicobrachiale.com, un site dedie a ce trouble, qui recensait les options de traitement y compris chirurgicales et donnait une vision claire des cas ou l’operation était envisagee.
Mon avis sur la guerison : patience et mouvements doux
Comme la névralgie cervico-brachiale, le syndrome des jambes sans repos, une autre douleur chronique épuise le corps et l’esprit de la même façon insidieuse – j’en ai aussi fait l’expérience.
Trois mois. C’est le temps qu’il m’a fallu pour retrouver un bras qui fonctionnait normalement. Pas trois jours, pas trois semaines. Trois mois de gestion au quotidien, de surveillance des postures, d’exercices, et d’acceptation que certains jours seraient moins bons que d’autres.
Ce que j’ai appris : la guerison d’une nevralgie cervico-brachiale n’est pas lineaire. Il y a des rebonds. Un jour ca va mieux, on se dit que c’est fini, et deux jours plus tard on pleure devant un bocal de confiture qu’on n’arrive pas a ouvrir. (Et oui, j’ai pleure devant un bocal de confiture. C’est peu glorieux mais c’est honnête.)
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Ce qui m’a aide concrètement :
- Oreillers ergonomiques (j’en ai testé quatre avant de trouver le bon)
- Exercices de kine à faire soi-même, matin et soir
- Reglage du poste de travail : écran a hauteur des yeux, clavier plus près du corps
- Chaleur locale sur le cou et l’epaule les soirs difficiles
- Éviter de porter des sacs lourds sur l’epaule droite pendant toute la période
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L’option chirurgicale : pour qui, quand ?
Pour les nuits de galère que provoque ce type de douleur, j’ai aussi exploré les remèdes de grand-mère pour les nuits de galère qui font partie de ma trousse naturelle en complément des traitements médicaux.
La chirurgie n’est pas la première option. Elle est reservee aux formes severes, quand la douleur est invalidante depuis plusieurs mois malgre les traitements, ou quand il y a des signes neurologiques inquietants comme une perte de force ou une atrophie musculaire.
Mon medecin me l’a presentee comme un recours si les six premiers mois de traitement conservateur n’avaient pas donne de résultats. Heureusement, je n’en ai pas eu besoin. Mais j’aurais voulu le savoir des le debut : la chirurgie existe, elle peut fonctionner, et ce n’est pas une option de dernier recours desespere. C’est une option raisonnee pour des situations spécifiques.
Ce qui est important, c’est de ne pas rester sans traitement en esperant que ça passé tout seul. Parfois ça passé. Mais parfois ca s’installe et s’aggrave. A partir d’un mois de douleur persistante, une consultation s’impose.
Vivre avec pendant la phase aigue : ce qu’on ne dit pas assez
La douleur chronique et l’angoisse vont souvent ensemble, et j’ai raconté les choses qui m’ont aidée contre la douleur et l’angoisse dans un article séparé qui complète bien celui-ci.
On parle des traitements. On parle moins du quotidien avec une nevralgie cervico-brachiale. Or c’est la que ça se joue vraiment, sur des semaines parfois.
Conduire devient difficile (tourner la tête provoque des irradiations). Porter son sac a main de l’epaule droite est impossible. S’habiller – passer une veste, boutonner une chemise – devient une performance. Taper au clavier en open-space huit heures par jour, avec le bras qui fait mal et la nuque qui tire, c’est un long marathon.
J’ai appris à demander de l’aide. Pas facile pour moi. J’ai demandé à un collegue de porter des cartons. J’ai dit a mon chef que j’avais un problème de sante et que je prendrais ma pause debout et en marchant plutôt qu’assise. J’ai achete une sacoche a roulettes pour la période. Ces petits ajustements semblent insignifiants mais ils font une vraie différence sur la fatigue accumulee.
Est-ce que tu vis avec ça en ce moment ? Dis-moi en commentaire ce qui t’aide le mieux. Moi je suis curieuse de savoir si d’autres ont eu des astuces que je n’ai pas trouvées.
