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Islande et aurores boreales : mon guide pour ne pas les rater

par Emma ·
Islande et aurores boreales : mon guide pour ne pas les rater

J’avais 34 ans quand j’ai vu mes premières aurores boreales. C’était un mercredi soir en février, dans un champ a 40 kilometres de Reykjavik, par moins 8 degres, debout dans la neige avec mes bottes pas assez chaudes et un thermos de café à moitie vide. Et quand le ciel a commence a onduler en vert, puis a virer au violet et au rose sur les bords, j’ai pleure. Complètement bête. J’ai pleure dans mon echarpe devant un spectacle que j’avais vu des centaines de fois en photo et qui n’a rien a voir avec les photos.

Si tu envisages ce voyage, je veux t’aider a ne pas rater ca.

La période : ce qui compte vraiment

La question qu’on me pose en premier : « c’est quand le meilleur moment ? » La réponse franche : entre septembre et mars, quand les nuits islandaises sont vraiment longues et sombres.

En été, le phenomene de soleil de minuit rend les nuits trop claires pour voir les aurores. Meme si l’activite solaire est bonne, la luminosite du ciel masque tout. Donc l’été en Islande c’est magnifique pour le paysage, les cascades, les routes de montagne, mais pas pour les aurores.

La fenêtre ideale selon moi :

  • Octobre-novembre : les jours raccourcissent vite, les aurores sont déjà visibles, les temperatures sont froides mais pas extremes. Moins de touristes qu’en hiver.
  • Décembre-janvier : nuits très longues, ambiance unique, mais froid intense et conditions meteorologiques parfois difficiles (tempetes, routes fermées).
  • Février-mars : ma période préférée. L’activite aurorale est souvent forte, les conditions routieres sont meilleures qu’en janvier, et les jours commencent a rallonger ce qui permet de faire des activites de jour aussi.

Pour celles qui aiment les extrêmes climatiques mais sous un soleil tropical, j’ai aussi écrit mon guide pour Punta Cana, le contraire de l’Islande – mon cœur balance vraiment entre ces deux mondes chaque hiver.

Ce qu’on ne te dit pas : les aurores sont impredictibles

Mon retour d’expérience : j’ai eu une copine qui est allee en Islande une semaine entiere en janvier avec un seul objectif. Elle n’a pas vu une seule aurore. Ciel couvert tous les soirs, deux jours de tempete. Elle en parle encore avec une pointe d’amertume deux ans après.

Le problème, c’est que les aurores boreales dépendent de deux choses independantes : l’activite de la couronne solaire (qu’on peut suivre via des applications comme Aurora Forecast ou My Aurora Forecast) et la meteo locale. Si le ciel est couvert, peu importe l’indice KP (l’indice d’activite solaire), tu ne vois rien.

Ce que j’ai fait que je recommande : prévoir au minimum 5 nuits sur place, être flexible sur les deplacements (se deplacer vers une zone de ciel degagee si le ciel est couvert a Reykjavik), et ne pas tout miser sur un seul soir.

Reykjavik ou la campagne : ou se placer ?

Reykjavik est la ville europeenne la plus proche du cercle arctique, elle est petite et la pollution lumineuse est limitee. En théorie, on peut voir les aurores depuis certains quartiers de la ville quand l’activite est forte (indice KP a 4 ou plus).

Mais la campagne, c’est une autre histoire. L’absence totale de lumière artificielle, le silence, les reflets sur la neige ou l’eau… c’est la qu’on comprend ce que « voir les aurores » veut vraiment dire.

Pour organiser une sortie en campagne, j’avais rejoint un petit groupe via une agence locale. Ce n’est pas indispensable, mais quand on ne connaît pas les routes et qu’il peut neiger en trente minutes, c’est rassurant d’être accompagnee par quelqu’un qui sait ou aller et qui surveille les alertes meteo en temps reel.

Pour tout ce qui concerne la préparation pratique du voyage, j’ai pu en savoir plus sur ce site qui donnait des informations detaillees sur les itineraires, les agences locales de confiance et les conditions de voyage en Islande hivernale, ce qui m’a aide a organiser mon séjour sans partir à l’aveugle.

La liste de ce que j’aurais du emporter

  • Doudoune avec duvet d’oie (pas synthetique, vraiment)
  • Sous-vetements thermiques en laine merinos (les synthétiques transpirent)
  • Chaufferettes de main (je jure que ça change tout)
  • Bottes impermeables avec doublure jusqu’à moins 20 degres
  • Casquette couvrant les oreilles
  • Gants impermeables et chauds

Le froid islandais est humide. C’est un froid qui s’infiltre partout. J’avais prévu pour du moins 10 degres et j’ai souffert. Prevoir pour moins 20 et on est tranquille.

Les autres choses que j’ai faites en Islande (et qui valent le detour)

Les aurores, c’est la nuit. Le jour, l’Islande est aussi extraordinaire et on oublie parfois de le dire.

La Geyser area : voir le geyser Strokkur exploser toutes les 5 a 10 minutes, c’est fascinant. La première fois ca surprend, la quatrième c’est encore beau. Voyager, c’est aussi se chercher soi-même, et mon voyage spirituel en Inde, une autre aventure forte a prolongé ce que l’Islande avait commencé en moi.

Le Gullfoss : la cascade la plus photographiee du pays, et pour cause. En hiver avec la glace autour, c’est une autre dimension.

La Lagune Glaciaire de Jokulsarlon : les icebergs qui flottent entre le glacier et la mer, de couleurs bleues et turquoises. J’y suis allee en février et le silence la-bas est quelque chose d’exceptionnel.

Les bains chauds naturels : pas forcément le Blue Lagoon qui est cher et touristique (quoique l’experience soit belle), mais les piscines geothermiques locales (les « sundlaugar ») que frequentent les islandais. Entree pour 8 euros, temperature de l’eau a 38-40 degres, et une vue sur les montagnes si on s’eloigne un peu de la capitale.

Ce que je te dirais si tu hesites encore

L’Islande en hiver, c’est un voyage qui demandé un peu de courage. Les conditions peuvent être dures, le temps incertain, les routes impraticables certains jours. Mais c’est aussi une des destinations les plus absolument spectaculaires que j’aie jamais visitees, et j’ai voyage assez pour dire ca sérieusement.

Les aurores, si tu les vois, tu comprends immediatement pourquoi des gens traversent le monde pour ca. Si tu ne les vois pas cette fois, tu voudras y retourner. C’est presque un piege, mais un piege dont personne ne se plaint. Pour les amoureuses des grands espaces sauvages, j’ai aussi rédigé mon guide Patagonie pour les amoureux du grand froid – l’Islande m’a définitivement préparée à cette autre aventure extrême.

Alors oui, je te dis d’y aller. En février si possible. Avec les bonnes chaussettes.

Portrait d'Emma
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Emma

Je suis Emma, 38 ans, j’écris depuis ma cuisine. Mes obsessions : la pâte à pain qui lève, les vide-greniers du dimanche, les bottines de printemps trop tôt sorties. Tu trouveras ici mes coups de cœur, mes ratés, mes opinions tranchées. Pas de filtre, pas de mise en scène – juste ce que je vois, ce que je vis, ce que j’ai envie de partager avec toi.

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