Pendant des années, j’ai eu une approche binaire de l’hiver : soit j’avais froid et j’étais habillée, soit j’avais chaud et j’étais ressemblante à un sac de couchage ambulant. L’hiver dernier, j’ai décidé d’en finir avec cette fatalite. J’ai revu ma garde-robe d’hiver complètement, testé des associations que je n’aurais pas tentees avant, raté quelques looks spectaculairement. Et j’ai fini par trouver un équilibré qui marche pour moi, à Paris, par les temperatures qui vont de 2 a 8 degres en semaine.
Les matieres qui changent tout
Le secret d’une garde-robe d’hiver qui fonctionne commence aux matieres. Rester stylée au chaud, ca commence par la bonne veste, et j’ai raconté tous mes essais dans ma doudoune légère testée pendant 5 hivers, avec un classement honnête des marques et des matières qui tiennent vraiment. Pas aux marques, pas aux coupes : aux matieres. C’est la leçon que j’ai mis le plus longtemps a apprendre.
La laine mérinos est devenue ma matiere de base. Pas la laine grattante de ma grand-mère qui donnait des boutons dans les années 90 : le merinos fin actuel est doux directement sur la peau, regule la temperature (il conserve la chaleur sans surchauffer), et surtout il ne « sent » pas même après plusieurs ports sans lavage. C’est son grand avantage pour les voyages et les semaines chargées.
Le cachemire, je l’adore mais je ne le porte pas contre la peau. Il est trop fragile pour l’usage quotidien en hiver actif. Je l’utilise en couche intermediaire – le pull en cachemire au-dessus de la base en merinos, sous le manteau.
Ce que j’ai banni de mon hiver : le coton épais qui ne sèche pas si on transpire, les synthetiques purs qui electrisent et ne respirent pas, et le « mode été » en janvier avec juste un manteau par-dessus (oui, j’ai fait ça. Bilan : rhume de 10 jours).
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Au passage
J’ai achete un beau manteau en laine presse l’hiver dernier, elegant, coupe impeccable. Ce que je n’avais pas anticipe : il n’est pas du tout chaud. C’est du décoratif. (et oui, j’ai porte un gilet chauffant dessous pendant tout le mois de janvier pour maintenir l’illusion)
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La superposition : une art qui s’apprend
La superposition, ça ne s’improvise pas. Empiler des couches aleatoirement donne un look « je suis en expedition au pole » plutôt que « je maîtrise la chose ». La différence tient a quelques principes simples.
Le principe de la couche longue/courte : varier les longueurs selon les couches. Un top long sous un pull court, ou inversement. Ca crée une interessante ligne de base et évite l’effet « même longueur partout » qui fait boudin.
Les textures complementaires : maille fine + tissu structure. Pull mohair (chaud) + jupe midi en lainage (structure). Robe en jersey + gilet en maille grosse (contraste de texture).
La couche visible en dernier : le manteau est la dernière couche, mais il doit être choisi pour fonctionner avec les couches en dessous visuellement. Un manteau a double boutonnage et une coupe droite laisse entrevoir les couches en dessous au niveau des ouvertures – c’est un détail qui compte.
Pour en savoir plus sur ce site dedie aux tendances mode et aux conseils de style saisonnier, les editos de saison donnent souvent des associations de pièces par univers stylistique.
Mes 5 pièces clés de l’hiver
Après avoir fait le tri dans mon dressing, j’ai identifie les 5 pièces autour desquelles tout s’organise. Ma méthode hiver s’appuie aussi sur ce que je porte vraiment dans les rues de Paris, que je détaille dans mon vrai vestiaire d’hiver parisien avec les pièces qui résistent aux saisons et aux tendances.
1. Le blazer oversize en laine melangee : il va sur tout et remplace le manteau dans les espaces intérieurs chauds. Au bureau, dans les restaurants, dans les transport. Je le porte aussi le soir en soirée demi-saison.
2. Le jean mom en denim épais : la coupe ample permet de superposer facilement un collant chaud ou des leggings en dessous sans que ca comprime. Pratique que je n’avais pas anticipe.
3. La robe col roulé en maille : ma pièce hivale que je porte au moins une fois par semaine. Cola roulé tient chaud au niveau de la gorge (une des zones les plus sensibles au froid) sans avoir besoin d’une echarpe. Je la porte avec des collants 60 deniers et des derbies.
4. L’echarpe en laine épaisse : pas décorative, vraiment fonctionnelle. Une echarpe qui couvre bien le cou change complètement le ressenti thermique dans la rue. J’ai une version en camaieu de beige que je porte avec a peu près tout.
5. Les collants 60-80 deniers : la pièce sous-estimee par excellence. Avec des collants de qualité et en épaisseur suffisante, on peut porter une jupe midi jusqu’à 0 degre sans souffrir. Éviter les modeles bas de gamme qui se filent au premier jour – j’en prends chez Dim ou chez Wolford selon l’occasion.
Les accessoires : le détail qui fait la différence
Les accessoires d’hiver, contrairement a ceux de printemps, ont une fonction utilitaire directe. Ca ne les empeche pas d’être jolis.
Le bonnet a revers : la version la plus facile a styler et la moins « enfant du dimanche ». Pas de pompon, pas de logos envahissants. Un bonnet en laine ou cachemire dans une couleur neutre (beige, marine, bordeaux) qui s’accorde à la palette du manteau.
Les gants en cuir double : investissement à faire une fois pour de longues années. Les gants en cuir habillent une tenue plus que les gants en laine. Je les porte avec des manteaux structures. Les gants en maille pour les weekends et la randonnee.
La ceinture en cuir sur le manteau : un truc simple qui structure une silhouette et évite l’effet « manteau-sac ». Je l’ai découvert un peu par hasard en testant des ceintures larges de chez Sezane sur mon manteau camel, et ça a complètement transforme la tenue.
L’erreur que tout le monde fait avec les bottes d’hiver
J’ai longtemps choisi mes bottes sur leur esthétique et je les changeais tous les deux ans parce qu’elles n’étaient « plus adaptees ». En hiver comme en été, j’associe souvent mes sneakers plateforme pour une silhouette hivernale équilibrée, une paire qui garde la tenue en vie les jours où les bottes seraient trop habillées. – entendez, elles étaient abimees. Le problème : des bottes pas entretenues.
Un tube de crème hydratante pour cuir (6 euros chez le cordonnier), applique une fois par mois en hiver, transforme la longevite. Mes bottes actuelles ont quatre ans et sont en parfait etat. Avant, j’en rachetais tous les deux ans.
Le choix des bottes pour l’hiver parisien : une semelle antiderapante est non-negociable. Les trottoirs parisiens mouilles sont traîtres. La hauteur du talon : 3-4 cm maximum pour les jours de semaine ou on marche beaucoup, talon plus haut reserve aux soirées en voiture ou taxi.
Ce que je porte ce dimanche matin pour ecrire cet article : un pull col roulé en merinos cognac, un jean mom indigo, mes chaussettes en laine épaisse depareillees (personne ne les voit). Le café refroidit. C’est l’hiver parisien. Et je l’aimé bien, finalement.
