Le premier avril jardinier de ma vie, j’avais acheté trois plants de tomates à la jardinerie du coin en me disant que c’était le bon moment. Ma voisine, qui jardine depuis quarante ans, m’a regardé sortir les plants du sac avec un air dubitatif. « En avril en région parisienne, c’est trop tôt pour les tomates. » J’ai planté quand même. Les plants ont gelé à la mi-avril pendant une nuit à 2 degrés. Leçon reçue. Depuis, j’ai appris à jardiner avec le calendrier, pas contre lui.
Comprendre l’avril jardinier avant de planter
Avril, c’est le mois de l’enthousiasme. Le soleil revient, les rayons des jardineries débordent de couleurs, on a envie de tout planter immédiatement. Mais avril en France, surtout dans le nord, c’est aussi le mois des saints de glace. On y revient, mais c’est réel.
La règle que j’ai finalement intégrée : on distingue ce qu’on plante en pleine terre directement, ce qu’on met en pot sur la terrasse ou dans un espace protégé, et ce qu’on sème sous abri pour repiquer plus tard. Ce n’est pas le même traitement ni les mêmes plantes.
En pleine terre en avril, on peut aller y aller sereinement pour : les radis (ultra rapides, 3 semaines entre semis et récolte), la mâche et la roquette, les épinards, les oignons de printemps, les petits pois et les fèves si on ne l’a pas déjà fait en mars. Ces légumes supportent des températures fraîches, voire de légères gelées.
Ce qu’on attend pour après le 15 mai idéalement : tomates, poivrons, courgettes, haricots verts, concombres. Ceux-là, ils détestent le froid.
Les fleurs et plantes d’ornement que je plante en avril
Avril plante les bases et mai confirme tout – je détaille ce que je plante en mai, la suite logique d’avril dans mon journal de bord du printemps suivant.
C’est là où j’ai le plus de plaisir, en vrai. Les légumes c’est utile et satisfaisant, mais les fleurs c’est ce qui change l’allure du jardin instantanément.
Les capucines. Je les sème directement en pleine terre dès début avril. Elles poussent vite, fleurissent longtemps, et sont absolument sans entretien. En bonus, elles sont comestibles – quelques fleurs dans une salade verte, c’est beau et délicatement poivré.
Les iris. Ceux que j’ai ici à Paris dans mon petit parterre devant la fenêtre du bureau sont des iris barbus que j’ai plantés il y a trois ans. En avril ils explosent. Ça dure deux semaines, mais ces deux semaines sont spectaculaires.
Les rosiers. Avril c’est le moment pour planter les rosiers racines nues achetés l’hiver, si on ne l’a pas encore fait. On les trouvé aussi en pot, et là on peut planter jusqu’en juin.
Les plantes grimpantes. Clématite, chèvrefeuille, glycine – avril c’est parfait pour les installer et les voir démarrer avec le printemps.
Les aromatiques : mon vrai territoire de jeu
Les tomates semées en avril, je les repique en mai selon ma méthode habitulle – j’explique tout dans mon article sur comment j’ai repiqué mes tomates après les semis d’avril.
Ma terrasse parisienne est envahie de pots d’herbes aromatiques d’avril à octobre. C’est mon luxe, mon doudou jardinier. Rien ne me rend plus heureuse que de sortir couper deux branches de basilic frais pour une salade.
- Basilic : à partir de mi-avril si les nuits sont douces, en pot sur la terrasse. Pas en pleine terre avant mai.
- Persil : semis en pleine terre ou en pot dès début avril. Lent à germer (3 semaines), mais une fois parti il dure.
- Menthe : en pot exclusivement, sinon elle envahit tout. Leçon apprise.
- Ciboulette : en pleine terre dès avril, rustique et facile.
- Thym, romarin, sauge : déjà en place chez moi, ils repoussent tous seuls chaque printemps.
Pour la coriandre que j’adore, j’attends mi-mai. Elle monte en graine à la moindre chaleur si on la plante trop tôt.
À noter : un pot de basilic Monoprix à 2 euros, ça ne survit jamais. Il est beaucoup trop jeune et trop dense. L’acheter, le diviser en trois et le repiquer dans du terreau frais dès qu’on rentre chez soi. Ça change tout.
Ce que j’aurais aimé savoir sur le jardinage d’avril
Quand j’ai vraiment commencé à jardiner avec sérieux, j’ai cherché des ressources pratiques qui expliquaient clairement quoi faire selon la région et le type de jardin. Il y avait des forums utiles, des blogs spécialisés, et j’avais noté un site sur le jardinage qui m’avait vraiment aidée à franchir le pas du potager au jardin d’ornement, avec des fiches détaillées sur les associations de plantes et les calendriers lunaires.
Le calendrier lunaire, je le mentionne parce que j’y ai longtemps été sceptique. Après trois saisons à en tenir compte (en jours « feuille » pour les aromatiques, « fleur » pour les fleurs, « fruit » pour les tomates), je pense que ça ne fait pas de mal et que ça aide à rythmer le jardinage de façon sensée. Je dis ça, je dis rien.
Les travaux d’entretien d’avril qu’on oublie souvent
Tout commence vraiment dans mon carré potager où tout commence en avril – j’y raconte comment j’ai construit ce coin pour pas cher et ce que ça m’a appris.
Planter c’est visible et joyeux. Mais avril c’est aussi le mois du désherbage, et là c’est beaucoup moins glamour.
Les mauvaises herbes poussent aussi vite que les bonnes en avril. Quinze jours sans désherber et le potager ressemble à un terrain vague. Ce que je fais pour limiter ça : paillis. Je récupère du broyat de bois ou j’achète du paillis de lin chez Botanic, je l’étale sur 5-7 cm entre les rangs après semis. Ca ralentit les mauvaises herbes et ça garde l’humidité.
Autre travail d’avril souvent négligé : tailler ce qui a été abîmé par l’hiver. Les rosiers, les arbustes, les touffes de graminées qui ont des tiges mortes au centre. On coupe au sécateur propre, on évacue les tiges mortes, on donne une forme propre pour que la repousse soit belle.
Mon jardin en avril, c’est le moment où j’y passé le plus de temps. Et c’est aussi le moment où j’y suis le plus heureuse. Le sol sent l’humus frais, les merles sont revenus, et quelque chose dans cette activité répétitive – planter, arroser, revenir voir si ça a bougé – me remet d’aplomb après les mois gris.
