C’était un dimanche de novembre, un de ces dimanches gris parisiens ou tu feuillettes des photos de vacances sur ton telephone en buvant un café qui refroidit. Je suis tombee sur les photos de mon voyage en Grece il y a quatre ans et j’ai eu ce pincement au cœur très reconnaissable. Envie de reprendre un billet, de retrouver cette lumière particuliere sur la pierre blanche, cette chaleur sèche qui sent le thym sauvage. La Grece, pour les temples surtout, c’est un voyage qui ne ressemble a aucun autre. Voilà ce que j’ai vu, ce que j’ai raté, et ce que je referais exactement pareil.
L’Acropole d’Athenes : incontournable malgre la foule
Je vais être honnête : quand j’ai mis les pieds sur l’Acropole pour la première fois, j’étais entouree de 200 touristes qui prenaient des selfies avec le Parthenon. C’est enervant. Et pourtant, ça n’a pas gache le choc. Voir le Parthenon en vrai, c’est un truc qui te prend aux tripes même si tu t’y attendais.
Le secret, et je le repete a tous ceux qui me demandent : y aller tôt le matin, entre 8h et 9h30. J’y étais un mercredi en septembre et a 8h15, j’avais le rocher presque pour moi. La lumière du matin sur les colonnes, c’est une autre dimension. A 11h, c’est la cohue.
Le site comprend plusieurs temples en dehors du Parthenon : l’Erechtheion avec ses cariatides (les vraies sont au musee, celles dehors sont des copies), le temple d’Athena Nike, les Propylees. Prevoir au moins 2h30 pour ne pas survoler.
À noter : le musee de l’Acropole juste en bas est absolument nécessaire. Pas le genre de musee qu’on fait par obligation. Les frises du Parthenon qu’on voit la en vrai (les morceaux qui restent en Grece), en vis-a-vis avec des photos des pièces qui sont au British Museum, c’est une experience à la fois magnifique et un peu poignante.
Delphes : mon coup de cœur absolu
Si je ne devais garder qu’un souvenir de temples en Grece, ce serait Delphes. Pas parce que c’est le plus grand ou le mieux conserve. Parce que c’est le site qui donne le plus l’impression de comprendre pourquoi les Grecs anciens venaient la consulter l’oracle.
Le temple d’Apollon est en partie en ruines mais les colonnes qui restent debout sur le flanc de la montagne du Parnasse, avec la vallee en contrebas et l’odeur de pin qui monte, c’est quelque chose que je n’ai pas trouvé ailleurs. J’y étais en fin d’après-midi et la lumière rasante sur les pierres blanches avait quelque chose de presque theatral.
Delphes se visite bien depuis Athenes en excursion à la journée (environ 2h30 de route), mais je conseille de dormir sur place une nuit pour voir le site à l’ouverture et profiter du village le soir.
Temple de Poseidon au Cap Sounion : la photo impossible a rater
A 70 kilometres d’Athenes, le cap Sounion et son temple de Poseidon offrent ce que j’appelle « la carte postale parfaite de la Grece ». Le temple au bord de la falaise, la mer Egee en dessous, le coucher de soleil… c’est le genre d’endroit ou tu te dis que les Grecs anciens savaient parfaitement ou ils construisaient leurs trucs.
J’y suis allee en bus depuis Athenes (ligne de côté, très facile à prendre). L’avantage du bus : on longe la côté avec des vues superbes. L’inconvenient : pour le coucher de soleil, il faut vérifier les horaires de retour pour ne pas se retrouver coince.
(Et oui, j’ai grave grave grave raté le dernier bus du soir et j’ai du negocier une place dans le taxi d’un couple de touristes allemands très sympathiques. C’est aussi ça, voyager.)
Olympie : moins spectaculaire mais très emouvant
La Grece antique et les lieux chargés d’histoire m’attirent partout dans le monde : c’est ce qui m’a aussi portee vers mon voyage spirituel en Inde, autre destination chargée d’histoire – deux univers très différents dans leur esthétique mais habites de la même densité spirituelle que je cherche dans mes voyages. Et pour celles qui aiment les contrastes, j’ai aussi raconté ma Patagonie, l’anti-thèse de la Grèce : des glaciers et des vents sauvages à la place des pierres chaudes et du thym sauvage.
Le site d’Olympie dans le Peloponnese, la ou se deroulaient les Jeux antiques, est moins impressionnant visuellement que l’Acropole ou Delphes. Les temples sont très ruines, le temple de Zeus notamment n’est plus qu’un champ de colonnes abattues. Mais c’est precisement ca qui m’a touchee.
Marcher sur la piste du stade antique ou couraient les athletes grecs il y a 2 800 ans, avec les vesiges des gradins en pierre de chaque côté, c’est un moment très particulier. Discret, silencieux, sans le bruit des audioguides.
J’ai aimé aussi le musee d’Olympie, moins célèbre que celui de l’Acropole mais avec des pièces absolument splendides, notamment la Nike de Paionios et les metopes du temple de Zeus.
Comment organiser le circuit ?
Mon circuit ideal pour voir les principaux temples en une semaine :
- Jours 1-2-3 : Athenes (Acropole + musees + cap Sounion en journée)
- Jour 4 : Delphes (nuit sur place)
- Jour 5 : retour vers Corinthe ou Nauplie pour base Peloponnese
- Jours 6-7 : Olympie + Epidaure (le theatre antique vaut vraiment le detour)
Pour planifier les deplacements et les sites, j’ai utilise ce lien qui m’a donne des informations pratiques très utiles sur les distances et les transports entre sites, ce qui m’a évite pas mal de mauvaises surprises logistiques.
Ce qu’on n’attend pas et qui change tout
La cuisine grecque autour des sites. Ca à l’air anodin mais c’est pas du tout negligeable. Pres de Delphes, j’ai mange dans une petite taverne familiale une moussaka qui était franchement l’une des meilleures choses que j’aie mangees de ma vie. Le pain maison, les olives de la region, le vin de pays en pichet. A Olympie, un restaurant à la sortie du site servait des mezzes pour 12 euros avec vue sur les collines. C’est ca aussi, la Grece.
Et puis il y a les odeurs. Le thym, l’origan sauvage qui pousse entre les pierres, la chaleur qui se leve des dalles le matin. Personne ne te dit avant de partir que les temples de Grece sentent quelque chose. Ils sentent l’histoire, si j’osé dire, et ça me manque un peu ce dimanche matin parisien de novembre.
Tu envisages un voyage en Grece pour les temples ? Commence par Delphes si tu ne dois en voir qu’un seul. Tu me diras. Et si tu veux continuer à voyager vers des destinations qui tranchent avec la chaleur méditerranéenne, j’ai aussi écrit mon guide Islande pour un autre bout du monde – parce que mes voyages s’opposent autant qu’ils se complètent, et que l’Islande en hiver a tout d’un voyage en rupture totale avec le bassin méditerranéen.
