Pendant longtemps, j’ai été de celles qui partaient chercher le soleil ailleurs. Grèce, Portugal, Croatie. L’herbe est toujours plus verte, la mer toujours plus bleue, et surtout les photos Instagram toujours plus enviables que celles de la plage de Trouville sous un ciel gris. Et puis j’ai eu une année avec peu de budget, et j’ai passé deux semaines sur des plages françaises que je n’avais jamais vraiment explorées. Ça a changé ma façon de voir les choses.
Ce que je cherche dans une plage
Je ne suis pas une fana de la Côte d’Azur bondée en août. Le sable blanc et la mer turquoise, c’est beau sur les photos, mais moi ce que j’aimé c’est trouver un endroit où je peux poser ma serviette sans être à cinquante centimètres du voisin, où l’eau est propre, et où il y a un truc à manger à moins d’un kilomètre.
Je cherche aussi quelque chose qui ressemble à un caractère. Les plages interchangeables, ça m’ennuie. J’aimé les plages qui ont une histoire, un paysage particulier, quelque chose qui les rend reconnaissables.
C’est avec ces critères que j’ai commencé à chercher autrement.
La côte Atlantique : mes deux coups de cœur
Le bassin d’Arcachon et ses plages satellites. Je connaissais le bassin de nom, bien sûr. La dune du Pilat, Cap Ferret – tout le monde en parle. Mais j’ignorais qu’autour du bassin il y avait des petites plages protégées que les habitants du coin fréquentent plutôt que les touristes. Petit Piquey, Claouey, Piraillan. Eau calme et peu profonde, idéale pour nager sans se faire avaler par les vagues. Le sable y est très fin.
La dune du Pilat mérite la réputation. J’y suis allée un matin tôt, avant 9h, avec un café thermos. Quarante minutes de marche sur le sable, vue sur le bassin d’un côté et l’Océan de l’autre. C’est l’un des seuls endroits en France où j’ai eu l’impression d’être face à quelque chose de vraiment grand.
La côte sauvage de Quiberon, en Bretagne. Celle-là, c’est une plage que les Bretons gardent précieusement. L’eau est froide. Le vent souffle presque toujours. Les rochers sont couverts d’algues. Et c’est absolument magnifique. J’ai eu des images dans la tête pendant des semaines après.
On y trouvé des poulpes dans les rochers à marée basse, des crêpes au beurre salé dans le village à deux kilomètres, et une lumière en fin d’après-midi qui rend fous les photographes.
La Méditerranée autrement
Quand les plages françaises ne suffisent plus et qu’on veut pousser jusqu’à des eaux vraiment turquoise, je pense souvent à Punta Cana pour les grandes escapades hors de France – une destination que j’ai eu envie de comparer avec nos côtes après avoir autant exploré l’hexagone. Et pour celles qui aiment les plages avec du relief et de la profondeur, j’ai aussi retracé mon expérience en Croatie pour comparer les plages : entre les criques dalmates et les plages brettonnes, j’ai fini par dresser mon classement personnel.
La Côte d’Azur, j’y suis allée, j’ai vu, j’ai payé le parking 25 euros et la glace 5 euros. Bilan : zéro.
Ce que j’ai préféré sur la Méditerranée, c’est la côte languedocienne entre Sète et Montpellier. Moins clinquante, moins chère, et avec des plages qui ont parfois des kilomètres sans rien d’autre que le sable et l’eau. La plage de la Grande-Motte, par exemple, est immense – on peut marcher vingt minutes sur le sable sans voir le bout.
Et puis il y a Sète, qui mérite qu’on y passé du temps. J’avais lu plusieurs articles sur les plages de la région, notamment via un site web dédié aux voyages en France que j’avais découvert par hasard et qui listait des spots moins connus que les classiques, avec des conseils pratiques sur les parkings, les périodes à éviter et les plages accessibles hors saison. Ce genre de ressource locale, ça vaut dix guides Michelin.
La plage des Deux Frères à Sète, que j’ai trouvée grâce à ce genre de tuyau : petite, peu fréquentée, entourée de rochers, eau transparente en dehors du mois d’août.
Bretagne nord : les plages qui m’ont surprise
Et si tu cherches une randonnée côtière inoubliable en France, je te renvoie à ma randonnée aux Calanques, les plus belles falaises de France : c’est là où les plus beaux sentiers rejoignent les plus belles plages, avec des paysages que tu ne trouveras nulle part ailleurs en France métropolitaine.
La Côte de Granit Rose, près de Perros-Guirec. Je l’avais vue en photo des dizaines de fois, je pensais que c’était un de ces endroits qui déçoivent en vrai parce qu’ils sont trop mis en avant. J’avais tort.
Les rochers roses sont vraiment roses. L’eau est vraiment verte. Le sentier des Douaniers longe la côte entre des formations rocheuses qui ressemblent à un décor de science-fiction. On peut marcher des heures. En septembre, il n’y a presque personne.
J’ai dormi dans un gite à Ploumanac’h pour 60 euros la nuit, j’ai mangé des huîtres à la crêperie du port pour 12 euros la douzaine, et j’ai marché tous les matins avant le soleil soit trop haut. C’est le genre de séjour qui n’a pas coûté grand-chose et qui resté longtemps dans la tête.
À noter : la Bretagne en haute saison, c’est un cauchemar de voitures et de monde. En mai ou en septembre, c’est un autre monde. Si tu peux décaler tes vacances d’un mois, le gain est énorme.
Ce que j’ai appris sur les plages françaises
On sous-estime l’hexagone parce qu’on le connaît mal. J’ai mis des années à réaliser que la France a plus de 5 000 km de côtes, avec des caractères complètement différents selon les régions. La lumière de la Méditerranée n’a rien à voir avec celle de l’Atlantique nord. Les paysages de la Corse (que je n’ai pas encore testée) n’ont rien à voir avec ceux de la Normandie.
Ce qui m’a le plus convaincue finalement, c’est l’accessibilité. Un TGV Paris-Biarritz en 5 heures, ou Paris-Rennes en 1h30. Pour un week-end prolongé, c’est jouable sans voiture, sans avion, sans bilan carbone catastrophique.
L’été prochain, je tente la Corse. J’ai entendu parler de Palombaggia à Porto-Vecchio comme d’une des plus belles plages d’Europe. Je suis prudemment enthousiaste. La déception serait vraiment trop grande si c’est décevant.
