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Mon carré potager fait maison : le bilan honnête

par Emma ·
Mon carré potager fait maison : le bilan honnête

J’ai passé l’essentiel du confinement de 2020 à regarder pousser du basilic sur mon rebord de fenêtre. C’était ma seule expérience jardinière à l’époque, et je la trouvais suffisamment satisfaisante. Puis j’ai déménagé dans un appartement avec terrasse, et quelque chose a basculé. Pas tout de suite. Il m’a fallu une bonne année de contemplation de ma terrasse nue pour me dire que j’allais essayer le carré potager. Ce que j’ai fabriqué pour 58 euros, et ce que ça m’a appris, c’est ici.

Pourquoi un carré potager et pas des pots

La question que tout le monde me pose. On peut très bien faire pousser des tomates dans un grand pot. J’en sais quelque chose, j’ai fait ça pendant deux ans chez mon ancienne coloc.

Mais le carré potager sur terrasse à des avantages concrets. D’abord, le terreau universel se gère mieux dans un volume fermé – il se compacte moins, il retient mieux l’eau. Ensuite, visuellement, un carré bien fait ça ressemble à quelque chose. Ca structure la terrasse. Mes pots de tomates ressemblaient à un accident de jardinage. Mon carré ressemble à une intention.

Et puis, franchement, j’aimé l’idée de tout avoir au même endroit. Les tomates, la salade, les herbes aromatiques. Un seul espace à gérer, un seul endroit à arroser.

Fabriquer le carré soi-même pour presque rien

J’ai cherché des kits prêts à l’emploi. Les prix démarrent autour de 80 euros pour quelque chose de potable, et montent très vite. Trop cher pour moi, surtout pour un premier essai où je savais que j’allais peut-être tout rater.

J’ai opté pour la fabrication maison avec des planches de bois brut achetées en magasin de bricolage – quatre planches de 2 cm d’épaisseur et 25 cm de hauteur, coupées à la longueur voulue (1 m x 80 cm dans mon cas). Vissage aux angles avec de simples équerres métalliques. Total bois et quincaillerie : 22 euros.

Pour le fond, j’ai posé une toile de géotextile agrafée sous les planches. Ca empêche les mauvaises herbes de remonter – sur terrasse c’est moins urgent, mais ça isole aussi les billes d’argile que j’ai mises en drainage (une couche de 5 cm avant le terreau). Les billes d’argile : 8 euros chez Botanic. Le terreau universel bio : 28 euros pour deux gros sacs. Ça fait 58 euros en tout, géotextile compris.

Petit aparté : la hauteur de 25 cm est le minimum pour des légumes-racines. Pour des carottes sérieuses, il faut 35 cm. J’ai fait l’erreur avec mes premières carottes. Elles ont poussé toutes difformes et tordues, comme si elles avaient essayé de s’enfuir. C’était quand même très drôle.

Ce qu’on peut planter et ce qu’il vaut mieux éviter

Le carré potager prend vie au fil des saisons et j’organise mes semis selon un calendrier précis : j’ai détaillé mon journal de plantation d’avril pour remplir le potager et ce que je plante en mai dans le carré potager pour ne rien rater des fenêtres de plantation. Dans mon carré de 1 m x 80 cm, je cultive en rotation depuis deux saisons :

  • Printemps-été : tomates cerises (un pied suffit, il déborde de partout), basilic, roquette, une rangée de radis tous les 15 jours pour avoir une production échelonnée
  • Automne-hiver : mâche, épinards, persil frisé, quelques pieds de bettes

Ce que j’ai appris à ne pas mettre : la courgette. Une seule plante de courgette envahit tout. Elle a littéralement étouffé mes poivrons un été. La courge, pareil. Ce sont des légumes qui ont besoin d’espace que mon petit carré ne peut pas leur offrir.

Les légumes-feuilles, les aromatiques et les petites tomates : parfaits pour un carré de taille raisonnable sur terrasse. Pragmatique, pas grandiose, mais très satisfaisant.

Les ressources que j’utilise pour apprendre

Quand j’ai commencé, je n’y connaissais vraiment rien. J’ai appris sur le tas, en ratant, en recommençant. Mais j’ai aussi beaucoup lu. Il existe des forums spécialisés et des sites dédiés aux potagers urbains – j’ai notamment trouvé sur ce site que j’ai eu l’occasion de visitez un jour par hasard des fiches pratiques très concrètes sur la rotation des cultures et les associations de plantes bénéfiques, ce genre de détail qu’on ne trouvé pas facilement ailleurs et qui change vraiment tout quand on débute.

La règle des associations de plantes, c’est ce qui m’a le plus aidée. Basilic et tomates se soutiennent mutuellement. Carottes et oignons s’entraident contre certains insectes. Ces petites complicités végétales, ça paraît anecdotique, mais ça simplifie vraiment la gestion d’un petit espace.

Ce qui m’a le plus surprise

Le rendement. Franchement. Je m’attendais à récolter deux ou trois tomates ridicules. J’avais suivi à la lettre mon repiquage de tomates dans le carré potager en respectant les distances et les étapes, et le résultat a dépassé mes attentes. La première année, j’ai eu une production de tomates cerises Gardeners Delight qui a alimenté mes salades pendant tout le mois d’août. Pas besoin d’en acheter. Pas une seule fois.

Et puis il y a le plaisir de la récolte qui n’est pas rationnel du tout. Aller chercher quelques feuilles de roquette le matin pendant que mon café chauffe, couper deux brins de ciboulette pour ma tartine du dimanche. Ce n’est pas grand-chose dans l’absolu. Mais quelque chose de vraiment agréable se passé quand on mange ce qu’on a fait pousser soi-même.

Ma mère, qui jardine depuis trente ans avec un vrai jardin de maison en province, m’a regardé récolter ma première tomate cerise avec un sourire que j’ai mis longtemps à décoder. C’était un sourire de « bienvenue dans le monde des gens qui comprennent enfin ». Elle avait raison.

Cette saison, j’agrandis le carré. Je passé à 1,5 m x 1 m. Et j’essaie les poivrons une nouvelle fois, mais sans la courgette.

Portrait d'Emma
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Emma

Je suis Emma, 38 ans, j’écris depuis ma cuisine. Mes obsessions : la pâte à pain qui lève, les vide-greniers du dimanche, les bottines de printemps trop tôt sorties. Tu trouveras ici mes coups de cœur, mes ratés, mes opinions tranchées. Pas de filtre, pas de mise en scène – juste ce que je vois, ce que je vis, ce que j’ai envie de partager avec toi.

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