J’ai debarque a Marseille un jeudi matin de mai avec mes baskets de ville, une bouteille d’eau d’un demi-litre et l’assurance que « les Calanques c’est pas non plus l’Everest ». Quatre heures plus tard, au bord de la mer turquoise que j’avais imagine atteindre en 45 minutes, je comprenais pourquoi les randonneurs sérieux font des listes de matériel. Je n’ai pas pleure (presque). Mais j’ai pris des notes.
Choisir son sentier selon son niveau : la décision la plus importante
Les Calanques font partie de ce que je considère comme les plages de France, dont les Calanques font partie dans mon classement personnel des plus beaux littoraux du pays. Les Calanques ce n’est pas un parc, c’est un parc national. 20 kilometres de littoral, des dizaines de sentiers, des niveaux très variables. La première erreur des debutants (dont je faisais partie) : prendre n’importe quel sentier marque sur Google Maps sans vérifier le devers et la longueur reels.
Les grandes categories :
Sentiers côté littoral (niveau accessible) : des chemins qui longent les criques sans grande élévation. Ideal pour découvrir le paysage sans se mettre en difficulté. La balade entre Callelongue et la Calanque de Marseilleveyre rentre dans cette categorie.
Sentiers de crête (niveau intermediaire) : élévation plus importante, 300 a 600 mètres de deplus sur certains segments. Vues panoramiques exceptionnelles mais jambes qui brulent et souffle qui manque. J’ai fait le sentier de la Gardiole par erreur en pensant que c’était une « promenade ». C’était pas une promenade.
Grandes traversees (niveau sportif) : des itineraires de 15 a 25 km qui traversent tout le massif. Pour les randonneuses aguerries avec un bon niveau physique et la connaissance du terrain. Pas pour un premier séjour.
Mon conseil : si c’est votre première visite, choisissez un sentier avec une élévation cumulee inférieure a 400 mètres et une longueur de 8-12 km aller-retour. C’est déjà très beau et accessible sans préparation spécifique.
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Le moment ou j’ai compris ma bêtise
A mi-chemin de mon premier sentier, j’ai croise une randonneuse de 60 ans avec deux bâtons telescopiques, des chaussures techniques, deux litres d’eau et un chapeau a bord large. Elle m’a regarde avec mes baskets et ma petite bouteille et elle m’a dit, très gentiment : « Vous avez de la crème solaire au moins ? » J’avais pas. Elle m’en a prête. (et oui, j’ai un peu honte encore)
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Equipement : la liste que j’aurais voulu avoir
Après cette première experience, j’ai consulte plusieurs sources avant mes deux randonnees suivantes. Pour profiter pleinement de votre journée aux Calanques, cliquez pour en savoir plus sur les ressources pratiques de randonnee et d’équipement outdoor disponibles en ligne.
Ce qui est non-negociable :
- Chaussures de randonnee fermées : pas des baskets, pas des sandales. Les rochers calcaires sont tranchants et le sol est irregulier. J’ai utilisé mes chaussures de running adaptées à la randonnée qui tiennent bien sur terrain accidenté quand on choisit les bons modèles. Des chaussures basses avec une bonne semelle Vibram suffisent pour les sentiers intermediaires.
- 1,5 a 2 litres d’eau minimum : il n’y a aucun point de ravitaillement en eau sur les sentiers. En été, compter 2,5 litres par personne par journée de forte chaleur.
- Protection solaire : le calcaire blanc reflechit la lumière du soleil. On bronze (et on brule) deux fois plus vite que sur une plage ordinaire.
- Un snack calorique : les sentiers des Calanques donnent faim. Une barre de cereales, des fruits secs, un sandwich. Pas de possibilite de s’approvisionner une fois dans le massif.
- Un chapeau ou une casquette : vraiment. Pas optionnel.
Ce qui est conseille :
- Bâtons telescopiques : utiles en descente sur terrain rocheux, surtout si vos genoux sont sensibles
- Topo-guide ou application maps offline : le reseau est aleatoire dans certaines zones encaissees
- Plaid légère ou coupe-vent : le vent sur les cretes peut surprendre même en été
Timing : quand partir et pourquoi ça change tout
Ma passion pour les côtes mediterraneennes ne s’arrête pas aux Calanques : j’ai aussi rédigé mon guide Croatie pour les autres côtes méditerranéennes avec les mêmes conseils de saison et de timing que j’applique ici. J’ai fait la même erreur que beaucoup : partir a 11h du matin en été. C’est le pire timing possible. Entre 11h et 15h en juillet-août, le soleil est brutal, les sentiers exposés deviennent des fournaises, et les points d’eau sont pris d’assaut.
Le bon créneau : depart entre 7h et 9h du matin. On profite de la fraicheur, les lumières sont magnifiques sur la roche blanche, et on arrive aux calanques avant l’afflux de la journée.
En mai et septembre, les conditions sont ideales : temperatures douces, lumière plus douce, moins de monde. Ce sont les deux meilleurs mois pour randonner dans les Calanques selon mon experience.
Attention aux fermetures estivales : entre debut juillet et mi-septembre, certains sentiers sont fermes en raison du risque incendie. Verifier l’arrête prefectorale de l’année en cours avant de partir. Le site du Parc National des Calanques met ces informations a jour.
Comment acceder aux Calanques depuis Marseille
Le Parc national est accessible depuis plusieurs points de depart. Les principaux depuis Marseille :
En voiture : parking de la Madrague de Montredon ou parking du Prado (complet des 8h en été). Pas recommande en haute saison.
En transport en commun : le bus RTM ligne 21 depuis le Vieux-Port dessert Callelongue, porte d’entree naturelle des sentiers. C’est l’option que j’ai utilisee lors de mon deuxième séjour – ça prend 40 minutes mais on ne stresse pas pour le parking.
En bateau : des navettes partent du Vieux-Port et debarquent directement dans certaines calanques (Calanque de Sormiou, Calanque de Morgiou). Une option confortable si on veut voir les Calanques depuis la mer avant de randonner.
Ce que personne ne dit : la gestion du retour
La descente vers les calanques est souvent plus facile que la montee au retour. C’est logique : on arrive frais, on repart fatiguee, avec les jambes usees et (souvent) le soleil dans les yeux. Plusieurs personnes que j’ai croises en difficulté lors de mes randonnees étaient bloquees non pas sur la descente initiale mais sur la remontee.
Quelques réflexes :
- Commencer a remonter une heure avant l’heure prévue d’arrivee, pas une heure après
- Garder une part de votre reserve d’eau pour la remontee – les gens vidaient leurs gourdes en arrivant à la mer
- Si vous sentez une fatigue musculaire marquee, ne tentez pas un deuxième sentier dans la foulee
Ma troisième randonnee aux Calanques, l’année dernière en septembre, était la bonne. Depart a 7h30 depuis Callelongue, sentier du Devenson, arrivee aux Calanques vers 9h45 avec le soleil juste comme il faut sur la roche blanche. Baignade dans une eau transparent. Remontee tranquille avec de l’eau en reserve. C’est la randonnee que j’avais voulu faire depuis le debut. Les premières fois servent a apprendre.
