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Maison humide : deux ans de combat, voilà ce que j’ai appris

par Emma ·
Maison humide : deux ans de combat, voilà ce que j'ai appris

Mon premier appartement à Paris avait un charme fou et un problème sérieux. Un mur de la cuisine orienté nord, sans soleil direct, développait chaque hiver une humidité qui finissait par faire apparaître des petits points noirs dans le coin inférieur. De la moisissure. Ce n’est pas anodin comme problème – ça sent, ça abîme les murs, et ça n’est pas bon pour les poumons. J’ai mis deux ans à vraiment régler la situation, en essayant beaucoup de choses pas toujours utiles.

Comprendre d’où vient l’humidité avant de traiter

L’erreur que j’ai faite au début, c’est de vouloir traiter les symptômes sans comprendre la cause. J’ai peint le mur avec de la peinture anti-humidité. Les points noirs sont revenus huit mois plus tard.

Il y a plusieurs types d’humidité dans une maison, et ils n’ont pas le même traitement.

L’humidité de condensation. La plus fréquente dans les appartements en ville. L’air chaud produit par nos activités (cuisine, douche, respiration, plants verts) contient de la vapeur d’eau. Au contact d’une surface froide (mur non isolé, vitre, coin mal chauffé), cette vapeur se condense en gouttelettes. C’est là que les moisissures se développent. C’est mon cas.

Les remontées capillaires. L’eau du sol remonte dans les murs par capillarité. Ca touche surtout les maisons sans vide sanitaire, les sous-sols, les rez-de-chaussée anciens. C’est beaucoup plus difficile à traiter et ça nécessite souvent une intervention professionnelle.

L’humidité par infiltration. Toiture percée, gouttière bouchée, fissure dans un mur extérieur. Ca vient de l’extérieur. Là aussi, traitement à la source obligatoire.

Pour la condensation comme la mienne, les solutions sont à la portée de tout le monde.

Ce qui m’a vraiment aidée : la ventilation avant tout

Maison humide et fissures en façade, c’est souvent le même diagnostic global – j’ai traité les deux en parallèle et je raconte les fissures sur mes murs extérieurs, même chantier, ce qui m’a permis de comprendre l’ensemble du problème.

Le premier conseil que j’ai reçu et que j’ai mis le plus de temps à vraiment appliquer : ventiler, ventiler, ventiler.

Dans les appartements anciens sans VMC, l’air ne se renouvelle que si on ouvre les fenêtres. Et en hiver, on ne les ouvre pas assez. Ca crée un air intérieur saturé en humidité qui cherche à se déposer sur les surfaces froides.

Ce que j’ai mis en place :

  • Ouvrir les fenêtres 10 minutes le matin même en hiver, même quand il fait froid. Ça peut paraître contre-intuitif mais l’air froid extérieur est généralement sec – il évacue l’humidité beaucoup plus efficacement que l’air chaud intérieur saturé.
  • Aérer après la douche. J’avais l’habitude de fermer la porte de la salle de bain quand je prenais ma douche pour garder la chaleur. Mauvaise idée. La vapeur d’eau n’a nulle part où aller et se dépose partout. Maintenant je laisse la fenêtre entrouverte.
  • Ne pas sécher le linge dans le séjour. J’avais un étendoir dans le salon en hiver. Un étendoir chargé de linge humide, c’est une bonne quantité de vapeur d’eau libérée dans l’appartement. J’ai arrêté. Le linge sèche sur le balcon ou dans la salle de bain avec la fenêtre entrouverte.

Le déshumidificateur : acheté à contrecoeur, gardé avec conviction

J’ai longtemps résisté au déshumidificateur parce que c’est moche, ça fait du bruit, et j’avais peur que ce soit coûteux en électricité. J’en ai quand même acheté un d’occasion à 45 euros sur LeBonCoin.

Verdict au bout d’une semaine : j’avais vidé le bac d’eau deux fois. Ma pièce était clairement plus sèche au toucher. Les murs ne suintaient plus.

Pour choisir un déshumidificateur, les deux critères qui comptent vraiment : la surface de la pièce (les modèles sont calibrés par m2) et le volume d’eau extrait par jour (en litres). Pour une pièce de 25 m2, un modèle 10-12 litres/jour suffit amplement. J’ai aussi cherché des avis sur les modèles actuels – notamment via consultez le site spécialisé en équipement de la maison, qui proposait des comparatifs de déshumidificateurs portables avec des tests en conditions réelles, ce qui m’a aidée à ne pas me tromper de puissance pour mon appartement.

Le bruit ? C’est comme un réfrigérateur. On s’habitue vite. L’électricité ? Ma facture n’a pas bougé de façon notable.

Avant que j’oublie : un déshumidificateur n’est pas une solution permanente si le problème de fond est une mauvaise ventilation. C’est un outil complémentaire. Corriger la ventilation d’abord, utiliser le déshumidificateur en renfort les hivers humides.

Traiter les moisissures existantes

Des bons joints, c’est le premier rempart contre l’humidité dans la salle de bain – j’ai refait les miens et j’explique tout dans mon article sur mes joints salle de bain refaits pour stopper l’humidité.

Avant de traiter l’humidité, j’avais les moisissures à éliminer. Ce que j’ai utilisé.

Le bicarbonate de soudé. Pour les petites surfaces. Je fais une pâte avec du bicarbonate et un peu d’eau, j’applique sur les points noirs, je laisse agir 20 minutes, je frotte avec une brosse dure, je rince. Ca fonctionne pour les taches légères.

Le vinaigre blanc. Pour les surfaces non poreuses (carrelage, jointement). Pur, en vaporisation, laissé agir 30 minutes. Efficace et sans produit chimique.

La javel très diluée. Pour les cas sérieux sur des surfaces imperméables. Attention : ne jamais mélanger la javel avec le vinaigre – ca produit des vapeurs toxiques. L’une ou l’autre.

Pour le mur de plâtre qui avait des moisissures en profondeur, j’ai dû gratter, laisser sécher plusieurs semaines, appliquer un primaire anti-humidité, et repeindre avec une peinture microporeuse. Ce travail m’a pris plusieurs week-ends. Mais depuis, le mur est sain.

Les plantes qui absorbent l’humidité (mythe ou réalité ?)

Assainir une maison humide passé aussi par changer ses fenêtres – et des aides existent pour ca, comme je l’explique dans mon article sur les aides pour changer mes fenêtres et isoler vraiment.

J’ai lu partout que certaines plantes « absorbent l’humidité ». C’est vrai, mais très nuancé. Les plantes absorbent l’humidité la nuit en respirant, mais elles en rejettent pendant la journée par transpiration. Le bilan net pour l’humidité de votre appartement est quasi nul.

Ce que les plantes font en revanche : elles améliorent la qualité de l’air, elles peuvent filtrer certains polluants, et elles rendent un appartement agréable. Je les garde pour ces raisons – pas pour l’humidité.

Ma maison est maintenant sèche. Les murs sont propres. Le coin nord de la cuisine respire. Et j’ai une routine d’aération matinale devenue aussi automatique que mon café.

Portrait d'Emma
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Emma

Je suis Emma, 38 ans, j’écris depuis ma cuisine. Mes obsessions : la pâte à pain qui lève, les vide-greniers du dimanche, les bottines de printemps trop tôt sorties. Tu trouveras ici mes coups de cœur, mes ratés, mes opinions tranchées. Pas de filtre, pas de mise en scène – juste ce que je vois, ce que je vis, ce que j’ai envie de partager avec toi.

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