Le journal d’Emma /

Chaussures de running : comment je m’y suis enfin retrouvée

par Emma ·
Chaussures de running : comment je m'y suis enfin retrouvee

Je suis arrivée dans un magasin de sport un samedi matin de janvier avec une idée fixe : reprendre le running, pour de vrai cette fois. Pas comme les années précédentes où j’avais acheté des baskets en solde au Monoprix du coin et abandonné après trois sorties à cause de mes genoux qui criaient grâce. Cette fois, je voulais bien faire. Sauf que face au mur de chaussures, j’ai eu envie de faire demi-tour immédiatement.

Soixante modèles différents, des vendeurs qui parlaient de « drop », de « pronation », d’ »amorti dynamique » – j’avais l’impression d’être dans un cours de biomécanique que je n’avais pas demandé. Depuis, j’ai beaucoup appris. En bien et en mal.

La pronation, ce truc qu’on entend partout et qu’on comprend à moitié

La pronation, c’est le mouvement de ton pied quand il touche le sol. Il s’affaisse légèrement vers l’intérieur, c’est normal et même utile – c’est l’amortisseur naturel du corps. Le problème arrive quand ce mouvement est excessif (hyperpronation) ou insuffisant (supination).

Sous-pronateur, sur-pronateur, neutre : trois profils qui correspondent à des chaussures différentes.

Comment savoir où tu te situes ? Le test du mouillé, d’abord : pose ton pied mouillé sur une feuille et regarde l’empreinte. Une empreinte complète ou quasi-complète = tendance à la pronation. Une empreinte avec un pont très marqué = plutôt supination. Neutre, c’est entre les deux.

Mais ce test resté approximatif. La vraie solution, c’est l’analyse de foulée chez un podologue du sport ou dans un magasin spécialisé avec tapis roulant. J’avais vu ca à Decathlon Paris République, ils le font gratuitement. Ça prend dix minutes et c’est bien plus fiable que mes tentatives d’auto-diagnostic sur le carrelage de ma salle de bain.

Moi j’ai une légère hyperpronation du pied gauche (seulement le gauche, génial), ce qui explique mes douleurs de genou côté intérieur. Une fois que j’ai eu l’info, le choix de la chaussure est devenu beaucoup plus logique.

Le drop : haut, bas, et pourquoi ça change tout

Choisir de bonnes chaussures de running, ca commence par trouver la bonne élan – et pour moi c’est ma motivation pour perdre du poids qui a tout déclenché, bien avant de penser à la pronation.

Le drop, c’est la différence de hauteur entre le talon et l’avant du pied dans la chaussure. Exprimé en millimètres.

  • Drop haut (8-12 mm) : favorise l’attaque talon, plus de matière sous le talon, souvent recommandé aux débutantes ou aux coureuses qui ont l’habitude de la marche.
  • Drop moyen (4-8 mm) : intermédiaire, bonne polyvalence.
  • Drop zéro ou bas (0-4 mm) : pour les coureuses qui attaquent l’avant-pied ou le milieu du pied, ou les adeptes de la course « naturelle ». Pas recommandé si on part de zéro, les tendons d’Achille le font payer.

J’ai commis l’erreur de vouloir switcher vers un drop bas trop vite parce que j’avais lu des articles enthousiastes sur la course minimaliste. Bilan : tendinite après 6 semaines. Mon ostéopathe a levé les yeux au ciel en m’auscultant. Lecon retenue.

L’amorti : ni trop, ni pas assez

Mes bonnes chaussures de running ont vraiment changé mes résultats – je raconte en détail comment j’ai perdu du ventre en courant et ce qui a fait la différence dans ma routine.

L’amorti, c’est la mousse (ou la plaque carbone pour les modèles de compétition) sous la semelle. Plus il y en a, moins tu ressens l’impact. Logique en théorie.

En pratique, un amorti trop important peut masquer les signaux d’alerte du corps. Et une chaussure ultramoelleuse peut être déstabilisante si tu n’as pas encore une foulée stable.

À noter Pour une débutante ou pour quelqu’un qui reprend après une longue pause, je dirais amorti medium et drop autour de 8 mm. C’est ce que j’ai fini par choisir, sur conseil du vendeur de Running Conseil dans le 11e (pas de pub, c’est juste qu’ils sont compétents et pas en mode « vends vite vends fort »).

Les « super-chaussures » avec plaque carbone ? Ca existe, ça coûte entre 200 et 300 euros, et elles sont conçues pour des coureuses qui ont une foulée efficace et cherchent du gain de performance. Pour quelqu’un qui vise des sorties de 30-45 minutes trois fois par semaine, ce n’est pas la priorité.

Mes criteres pratiques avant d’acheter

Après plusieurs paires et quelques erreurs coûteuses, voilà ce que je vérifie systématiquement :

La pointure : prendre une demi-pointure au-dessus de sa pointure habituelle. Le pied gonfle pendant l’effort, et une chaussure trop ajustée = ongles noirs. J’ai appris ça de la pire façon possible lors d’un 10 km en 2022.

L’essai en fin de journée : le pied est légèrement plus large et gonflé qu’au matin. Essayer le matin = risque de prendre trop juste.

Marcher ET courir dans le magasin : toujours demander à trottin dans l’allée. Aucun vendeur sérieux ne refusera. Ceux qui refusent, on sort.

Le maintien du talon : le talon ne doit pas « flotter » dans la chaussure. Un léger espace à l’avant, oui. Un talon qui claque, non.

L’avis de ses propres pieds : si la chaussure ne te semble pas confortable de suite, n’écoute pas le vendeur qui dit « ca va se faire ». Les chaussures de running n’ont pas besoin d’être « faites ». Elles doivent être confortables immédiatement.

Ce que je regarde aussi : la durabilité et l’entretien

J’alterne d’ailleurs entre course et la trottinette à Paris pour varier les déplacements actifs – deux modes de transport qui sollicitent le corps différemment et se complètent bien.

Une paire de running se change environ tous les 700-800 kilomètres, la mousse perd ses propriétés d’amorti avant que la semelle soit usée visuellement. Si tu cours 25 km par semaine, ça fait environ 6 à 8 mois. Si tu cours moins (comme moi en ce moment, honnêtement), ça peut tenir plus longtemps.

Niveau entretien : jamais en machine. Je les nettoie à la brosse sèche, je les garde à l’air après chaque sortie, et je les range loin du soleil direct. La chaleur détruit la mousse. Ma paire actuelle a 14 mois, elle est encore tout à fait correct – je surveille quand même la semelle.

Pour le rangement, j’ai arrêté de les laisser dans mon sac de sport entre deux séances. Ça semble bête, mais la chaleur accumulée dans un sac fermé accélère l’usure. Petite habitude, grand effet sur la durée de vie.

Reprendre, c’est long, et les chaussures ne sont pas tout

Je terminerai avec ça, parce que je pense que c’est important. Avoir les bonnes chaussures de running, c’est une base, mais c’est loin d’être suffisant. La progression, l’échauffement, l’écoute de son corps, les jours de repos – tout ça compte autant que le matériel.

Ma voisine court en baskets montantes achetées au marché Saint-Pierre depuis trois ans, sans blessure. Et moi j’ai eu une tendinite avec une paire à 160 euros. L’équipement aide, mais il ne compense pas une progression trop rapide ou un mauvais échauffement.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise au debut : commence doucement, même avec des chaussures parfaites. L’envie de courir 40 minutes d’un coup à la première sortie quand on n’a pas couru depuis deux ans, c’est la meilleure façon de tout arrêter la semaine d’après.

Bref. Bonne paire, foulée attentive, ego au vestiaire. C’est mon programme.

Portrait d'Emma
Signe

Emma

Je suis Emma, 38 ans, j’écris depuis ma cuisine. Mes obsessions : la pâte à pain qui lève, les vide-greniers du dimanche, les bottines de printemps trop tôt sorties. Tu trouveras ici mes coups de cœur, mes ratés, mes opinions tranchées. Pas de filtre, pas de mise en scène – juste ce que je vois, ce que je vis, ce que j’ai envie de partager avec toi.

Tous mes articles →