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Mon brise-vue naturel au jardin : ce que j’ai plante et pourquoi

par Emma ·
Mon brise-vue naturel au jardin : ce que j'ai plante et pourquoi

Le problème avec mon petit bout de jardin, c’est le voisin d’en face. Un voisin charmant, d’ailleurs. Mais dont la terrasse donne exactement sur mon coin detente. Et quand je dis « donne exactement », je veux dire qu’il peut voir ce que je lis, ce que je bois, et ce que je mets comme masque capillaire le samedi après-midi. Ce n’est pas tenable.

J’ai mis presque deux ans a trouver une solution brise-vue naturelle qui me convienne, et croyez-moi j’ai fait des erreurs. Je partage ici ce que j’ai appris, ce qui a pousse, ce qui a fane, et ce que je referais exactement de la même façon.

Haies, arbustes, bambous : les grandes options naturelles

La première chose que j’ai faite c’est aller chez Truffaut avec une vague idée de « je veux quelque chose de vert et d’épais ». J’en suis ressortie avec deux photinias rouges, un laurier palme et un dossier commercial sur le bambou. Bon debut.

Les haies persistantes sont la solution la plus classique et franchement la plus efficace. L’avantage : elles restent fournies en hiver, elles poussent regulierement et offrent une intimite vraiment solide après 3 a 4 ans. L’inconvenient : il faut attendre. Si on a besoin d’une solution rapide, une haie persistante c’est frustrant les deux premières années.

Les especes que je connais bien maintenant :

  • Le photinia fraseri « Red Robin » : feuillage persistant, pousses rouges spectaculaires au printemps, croissance rapide, facile a tailler. C’est celui que j’ai et je l’adore.
  • Le laurier palme (Prunus laurocerasus) : grandes feuilles brillantes, très dense, tolère l’ombre. Parfait pour les coins moins ensoleilles.
  • Le thuya : ultra classique, un peu banal visuellement, mais efficace et très rapide. A 3 ans, une haie de thuyas est déjà opaque.
  • Le bambou non invasif : les bambous en touffes (non stoloniferes) comme Fargesia murielae sont beaux, légers, bruissent dans le vent. Mais ils demandent un terreau riche et un arrosage régulier.

À noter : le bambou invasif (les especes qui « courent »), jamais. Jamais. Ma voisine a tente le coup il y a cinq ans. Elle arrache encore des pousses dans sa terrasse carrelee. Lisez les etiquettes.

Ce que j’ai vraiment installe et comment ca pousse

J’ai plante 6 photinias en ligne le long de la cloture, espaces de 80 cm, en mars de l’année dernière. Avec un bon terreau universel dans les trous de plantation, une dose d’engrais de fond, et un paillage de copeaux de bois pour conserver l’humidité. Mon brise-vue naturel a d’ailleurs démarré par ce que j’ai planté en avril pour créer mon brise-vue, les premières espèces choisies ce mois-là ayant posé les bases de tout le projet.

Résultat après un an : une hauteur d’environ 1,20 m pour les plus grands (ils faisaient 60 cm au depart). Pas encore suffisant pour cacher complètement la vue, mais les nouvelles pousses rouges du printemps dernier étaient vraiment spectaculaires et mes voisins ont commence a regarder les plantes plus que ma terrasse.

Pour des informations plus detaillees sur les especes de brise-vues naturels adaptes aux différentes regions de France et les conseils de plantation spécifiques, j’ai suivi ce lien qui m’a donne des fiches techniques très utiles sur la rusticite des essences et les espacements recommandes selon la hauteur finale souhaitee.

Comment j’ai gere l’attente des deux premières années

Parce que deux ans, c’est long quand on se sent observe sur sa terrasse. J’ai utilise en complément un panneau brise-vue en noisetier tresse (style osier), fixe sur ma cloture existante, qui m’a donne une intimite immediate pendant que les plantes poussaient. Ce n’est pas ma solution definitive mais ca m’a rendu la vie plus agréable.

On trouvé ce type de panneaux tresses en osier ou en noisetier dans les grandes jardineries, entre 15 et 35 euros le panneau de 1m x 2m. Pas beau comme du vivant, mais fonctionnel.

Les grimpantes : une autre piste interessante

Parallelement a ma haie, j’ai plante deux clematites et un jasmin etoile (Trachelospermum jasminoides) contre ma cloture, sur des fils de palissage. Juste à côté prend forme mon carré potager, le voisin du brise-vue, les deux zones ayant été pensées ensemble pour optimiser l’espace et la lumière dans ce coin de jardin. C’est une approche différente : plutôt que de planter devant la cloture, on habille la cloture elle-même.

Le jasmin etoile, je le recommande vraiment. Persistant, très parfume en juin, feuillage vert fonce brillant toute l’année. Il a mis deux ans a vraiment coloniser le treillage mais maintenant il est dense et couvert de petites etoiles blanches chaque été. Franchement chouette.

La clematite, en revanche, j’ai eu des résultats mitiges. La première est morte l’hiver suivant la plantation (trop peu d’arrosage probablement), la deuxième fleurit mais resté fine. Pas assez dense pour un vrai brise-vue.

Les 5 erreurs que j’ai faites et que tu peux éviter

  • Planter trop serre : j’ai mis mes premiers thuyas a 50 cm d’intervalle, ils se sont etouffes mutuellement. 80 cm a 1 m minimum.
  • Ne pas pailler : sans paillage, j’arrosais deux fois plus souvent et j’avais quand même des plantes stressees.
  • Oublier la fertilisation de printemps : les persistants ont besoin d’un coup de fouet en mars pour les nouvelles pousses.
  • Choisir selon la photo du catalogue : un thuya ça fait du vert generique. Un photinia avec ses pousses rouges, c’est vraiment beau.
  • Sous-estimer la croissance du bambou invasif : j’en avais plante un en pot sur la terrasse. Le pot a eclate au bout de trois ans. Signe.

Mon brise-vue après deux ans : bilan honnête

Ce que j’ai maintenant : une haie en cours de formation qui sera vraiment efficace dans 2 ou 3 ans, un panneau de noisetier tresse qui fait le travail en attendant, et des grimpantes qui habillent joliment la cloture. Quand le végétal ne suffisait pas, j’ai aussi regardé du côté de le muret gabion, mon alternative au brise-vue végétal, une option que j’ai sérieusement envisagée avant de choisir les plantes finalement.

Mon intimite a 80 %. Mon voisin voit encore mon visage si je suis debout, mais pas mes lectures ni mes siestes du dimanche. C’est suffisant et ça va encore s’ameliorer.

Si j’avais a tout refaire : je planterais plus grand (prendre des sujets de 1 m au lieu de 60 cm, ça coûte plus cher mais on gagne 2 ans) et j’installerais les panneaux tresses des le premier jour pour ne pas souffrir pendant la période de croissance.

Le jardin, c’est un truc patient. Mais c’est le genre de patience qui recompense vraiment.

Portrait d'Emma
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Emma

Je suis Emma, 38 ans, j’écris depuis ma cuisine. Mes obsessions : la pâte à pain qui lève, les vide-greniers du dimanche, les bottines de printemps trop tôt sorties. Tu trouveras ici mes coups de cœur, mes ratés, mes opinions tranchées. Pas de filtre, pas de mise en scène – juste ce que je vois, ce que je vis, ce que j’ai envie de partager avec toi.

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