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Muret en gabion au jardin : pourquoi j’en suis complètement convaincue

par Emma ·
pourquoi choisir un muret en gabion pour votre jardin

Ma collegue Stephanie a refait ses bordures de jardin l’automne dernier avec des gabions. Je la voyais tous les weekends en photos sur son compte Instagram au milieu de cages métalliques remplies de cailloux, et franchement je me demandais ce qu’elle fabriquait. Puis j’ai vu le résultat fini en février quand elle nous a invite pour un brunch. J’ai compris. C’est une de ces solutions de jardin qui semblent brutes au stade du chantier et deviennent franchement elegantes une fois en place.

Qu’est-ce qu’un gabion exactement ?

Un gabion, c’est une cage métallique – généralement en acier galvanise ou en treillis acier traite – remplie de matériaux naturels. Pierres, galets, rochers concasses, ardoises : on choisit selon le rendu voulu. La structure grillagee retient les matériaux, l’ensemble forme une masse solide et perméable.

A l’origine, les gabions sont utilises en genie civil pour les murs de soutenement – bords de routes, berges de riviere – parce qu’ils resistent à la pression du terrain sans nécessité d’une fondation rigide. Dans le jardin prive, on detourne ce principe pour créer des murets, des clotures, des jardinières surélevees, des bancs de jardin, des bordures de massifs.

Ce qui distingue le gabion du mur en béton ou de la cloture en bois :

  • Permeabilite : l’eau s’infiltre à travers les pierres, pas de risque d’effet barrage sur les racines
  • Longevite : l’acier galvanise tient 30 a 50 ans sans traitement. Les pierres, pratiquement indefiniment.
  • Aspect naturel : les pierres vieillissent bien, les mousses s’installent progressivement, le muret s’intégré au jardin
  • Recyclabilite : on peut demonter, remplir d’autres matériaux, remonter ailleurs

Avant de choisir le gabion, j’avais longuement réfléchi à mon brise-vue naturel, l’alternative végétale au gabion, et c’est la comparaison des deux solutions qui m’a finalement convaincue d’opter pour le minéral.

En poursuivant votre exploration sur ce sujet, en poursuivant la lecture sur ce site vous trouverez des exemples d’installations avec différents types de pierres et des guides de dimensionnement selon l’usage prévu.

Bilan honnête

Le gabion a mauvaise reputation aupres des jardiniers « romantiques » qui rêvent de troenes bien tailles et de jardins à la française. Et je comprends l’hesitation : une cage en grillage remplie de cailloux, sur le papier, c’est pas exactement poetique. Mais en pratique, l’effet minéral et naturel est vraiment agréable. Avec des pierres bien choisies, ca ressemble a quelque chose d’un peu sauvage, un peu montagnard, qui respire.

Les avantages concrets que Stephanie m’a confirmes

Stephanie avait compare trois options avant de choisir le gabion : cloture en bois, mur en briques, gabion. Voilà ce qu’elle m’a explique pendant le brunch, entre deux tartines.

Le coût : c’est l’argument qui l’a d’abord convaincue. Les cages en treillis acier galvanise se trouvent entre 15 et 50 euros l’unite selon la taille. Le remplissage en pierres locales ou en galets de riviere peut être très économique si on se fournit directement en carriere. Stephanie a paye l’ensemble de son projet (25 mètres lineaires de muret a 60 cm de haut) moins cher que le devis béton d’un paysagiste local.

La facilite de pose : pas de fondation béton requise pour les murets de moins d’un mètre. On creuse très légèrement (10-15 cm), on pose une toile geotextile, on installe les cages, on remplit. Stephanie a fait les deux tiers seule un samedi, aidee par son mari pour les panneaux les plus lourds.

L’adaptation aux irregularites du terrain : contrairement à un mur en béton qui nécessité un sol parfaitement niveau, le gabion s’adapte aux deformations légères du terrain. Sur un jardin en pente, c’est un avantage reel.

La biodiversite : c’est le point que je n’avais pas anticipe. Les interstices entre les pierres deviennent rapidement des refuges pour les lezards, les insectes auxiliaires, parfois des petits mammiferes. Stephanie a même mis des plantes en pot dans certaines cavités – un effet jardin vertical très chouette.

Concevoir son muret : les décisions clés

Avant de commander quoi que ce soit, trois décisions fondamentales :

La hauteur : un muret de 40-60 cm suffit pour une bordure de massif ou une separation décorative. Pour une cloture de delimitaion du terrain ou un effet intimite, compter 1,20 a 1,80 m. Au-dela d’1 m, les règles de construction et les obligations de permis peuvent s’appliquer selon votre commune.

Le type de pierre : c’est la décision esthétique principale. Quelques options populaires :

  • Galets de riviere ronds : rendu très naturel, doux, « bord de mer »
  • Moellons en granit ou basalte : aspect brut et solide, très moderne
  • Ardoise : rendu sombre et contraste, chouette avec une vegetation verte intense
  • Pierres calcaires locales : integration paysagere irreprochable, vieillissement naturel rapide

La largeur : minimum 30 cm pour un muret décoratif stable, 40-60 cm si vous voulez pouvoir poser des pots ou des plantes au sommet.

Installation : étapes pratiques

L’installation d’un muret en gabion resté accessible en DIY raisonnable. Pas besoin d’être manoeuvre professionnel, mais il faut de la méthode.

Étapes :

  1. Piqueter la ligne du muret avec un cordeau
  2. Creuser une assise de 10 a 15 cm de profondeur sur la ligne
  3. Poser une couche de gravier drainant (3-5 cm)
  4. Installer les cages vides en commencant par les angles
  5. Remplir les cages par couches successives en tassant manuellement (ne pas verser en vrac)
  6. Refermer les couvercles des cages une fois le remplissage complet
  7. Recouper l’exces de geotextile si pose, et finir avec de la terre ou du gravier autour de la base

La partie qui demandé le plus de temps : le remplissage. Stephanie m’a dit que remplir correctement prend deux fois plus de temps qu’on ne l’anticipe. Les pierres doivent être posees manuellement pour combler les vides et assurer la solidite. Un remplissage fait « a la louche » donne un rendu irregular et un muret qui se deforme. Une fois le muret terminé, j’ai enchaîné sur mon carré potager fait maison, autre projet jardin, en appliquant la même philosophie DIY patiente et rigoureuse.

Durabilite et entretien : presque zero

C’est le grand argument du gabion sur le long terme. Aucun traitement nécessaire, aucune peinture, aucun desherbage spécifique. Si de la vegetation pousse entre les pierres, c’est souvent voulu – fougeres, sedums, joubarbes s’installent spontanement et renforcent l’aspect naturel du muret.

Le seul point de vigilance : vérifier annuellement que les cages métalliques ne presentent pas de zones de rouille active, surtout sur les fixations. Un acier galvanise de bonne qualité (couche de zinc épaisse) ne devrait pas présenter de problème avant 20-25 ans minimum.

Depuis que j’ai vu le résultat chez Stephanie, je reve d’un muret en gabion pour séparer mon balcon (je sais, je suis à Paris, c’est complique) – ou en tout cas pour mon prochain projet si j’ai un jardin un jour. Ce qui m’a le plus convaincue, c’est la solidite sans entretien et l’aspect minéral qui prend de la valeur avec le temps, pas le contraire. Et pour profiter pleinement du jardin ainsi redessiné, j’ai préparé ce que j’ai planté en avril, juste après le muret, en laissant le printemps décider de ce qui borderait joliment les nouvelles structures.

Portrait d'Emma
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Emma

Je suis Emma, 38 ans, j’écris depuis ma cuisine. Mes obsessions : la pâte à pain qui lève, les vide-greniers du dimanche, les bottines de printemps trop tôt sorties. Tu trouveras ici mes coups de cœur, mes ratés, mes opinions tranchées. Pas de filtre, pas de mise en scène – juste ce que je vois, ce que je vis, ce que j’ai envie de partager avec toi.

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